Il est  des peintres qui montrent d'autre qui disent et laissent le choix de l'interprétationde leurs oeuvres comme il en est des acteurs qui parlent, d'autres qui miment , certains sont humoristeset crédibles dans des rôles tragiques.   Liliane Danino ne se laisse pas enfermer dans un genre.Elle peint et sculpte des corps en mouvement d'un trait classique parfait ou des tableaux abstraits qui dévoilentson tempérament violent par des oppositions de tons, d'une pâte épaisse plaquée sans reprise.   Chaque tableau est un discours précis, une bataille qu'elle doit gagner et qui ne laisse pas de place à la réplique.   Ne pas laisser insensible et apporter du bonheur n'est-ce pas l'essentiel?  C'est ce que fait Liliane Danino.

Bernard Hejblum
Peintre et sculpteur autodidacte, inspiré par ses lectures, la danse, et les émotions de la vie. : « L’art est un langage construit de vibrations ». Sa passion l'amènera à l'enseignement de techniques artistiques, ainsi qu’à la réalisation de décors, de maquillages et d’effets spéciaux pour le cinéma.Liliane expose régulièrement depuis 1978 dans de nombreux pays : France, Maroc, Israël, Etats-Unis et Canada.
Elle étend son champ d’investigations créatives dans plusieurs types d’expressions, ainsi qu’au cours de voyages à travers le monde, pour stimuler une peinture en devenir. Les personnages rencontrés, les lieux visités, lui inspirent une vision d’un Orient endormi et coloré, rappelant en d'autres temps, les aquarelles des premiers explorateurs. 
Des impulsions s'enchaînent dans une gestuelle convulsive. « J'aime aller à l'essentiel, ne pas me perdre dans des détails (...) qui encombrent l'oeuvre et la fatigue. »Respirer cette pâte, toucher cette couleur, secouer un corps en alerte, pour ne retenir que l'instant d'une course. Mener la peinture au fond de soi, en cherchant à « se libérer de l’expérience de la technique et de ses acquis, afin de se laisser aller à un émotionnel. » Des gestes afférents à des agitations intérieures retranchent son art dans un espace sentimental. Il lui arrive de tendre vers une abstraction lyrique. Les affects engagés vont se retranscrire dans une épaisseur, celle de « la matière pour en donner de la profondeur. » 
Les manipulations de textures, les étirements de matières, le travail au couteau, à la spatule donne à cette consistance pâteuse, un mouvement de flux et reflux : des superpositions, laissent alors transparaître un jeu de tonalités, dû à ces successions de strates encore humides.« Mes gestes sont violents, puissants, rapides... pour aller jusqu'au bout de l’énergie. »L'espace, selon les variations colorées, va évoquer divers lieux : un rivage à l’écume agitée, une clairière aux cimes automnales... Ces couleurs, employées de manières turbulentes, directement sur la toile, s'apaisent dans une image évocatrice d’horizons solitaires.
Les mains retombent au sol. A la terre. Silence.
Elle mesure un mètre quatre-vingt. Quand elle ouvre grand les bras elle ramasse et rassemble. Puis elle replie tout, l’essentiel et sa jupe sur ses pieds plantés. Et recommence.Chaque jour elle travaille. Pétrir la terre, enduire couche après couche la toile.
 Découper, déchirer, tremper, sécher, dessiner, laisser couler. Imprimer encore une couche sur les couches.
 Poudre de marbre, colle, pigment, encore…Comme une amante qui prépare la couche. Et le geste commence.Elle sculpte. Elle dessine.
 Elle peint. Concentrée. Occupée. Isolée. Et toujours reliée. 
 En réalité, quand vous la verrez, vous constaterez qu’elle ne mesure pas tout à fait un mètre quatre-vingt. Elle est toute petite. Vraiment petite. Délicieusement petite. Il se peut qu’elle porte des chaussures, mais elle marche pieds nus dans sa tête et dans la vie
. Elle ne fait pas de bruit.Liliane Danino. Danseuse-Lianequi relie la terre à l’eau. Je l’ai rencontré un jour dans son atelier, un pigeonnier planté sur un bout de terre au moyen orient, à cheval sur une frontière au bord de la méditerranée. Elle a parfois la nostalgie des vents d’ouest, de l’Europe, de Paris, mais je trouve que la terre d’Israël lui va bien sous ses pieds.
 A cause du soleil, de la poussière et de la présence de la mer et du désert. Du silence et du lien.  Liliane. Liane. Qui plie et déplie. Noue et dénoue à pleines mains. Prête à replier comme à bondir. Horsdu temps et hors champs. Pour atterrir entière dans la toile, sur le papier ou dans la glaise.
 Liliane. Fille et Mère et Amante. Liliane. Pleinement Femme.Elle élimine le superflu, l’inutile, l’encombrant, le fâcheux. Toujours attentive à sa tribu, à l’essentiel et à la seule véritable urgence :travailler. Rapide. Efficace. Endurante. Lascive. Souple. Jeune. Très jeune et pourtant elle a mille ans. Le temps n’y laissera qu’une emprunte légère. Elle est si petite. Prête à se dérouler comme une danseuse avec ses crayons, ses pinceaux, la pâte de peinture pleine de couleurs, la terre et l’eau.                                                                                                                                                                            Julia CHARBITH    Juillet 2015                                                                                                                                                                                                                     

She is one meter eighty tall. When she opens her arms,she picks up and gathers. And she folds everything, the essential and her skirton her planted feet. And does it again. She works every day. Knead the soil,coat the canvas again and again. Cut, tear, soak, dry, draw, and let it flow. Print one more layer on the layers. Marble powder, glue, pigment, again … like a lover preparing the bed.  And the gesture begins. She sculpts. She draws. She paints. Concentrated. Busy. Isolated. And always connected. Actually, when you see her, you realize she is not a meter eighty tall. She is small. Much smaller. Deliciously small. She might not wear shoes, but she is walking bare foot in her mind and in life. She does not make a sound

.Liliane Danino, dancer-Liane, which connects the ground to the water. I met her one day in her workshop, an attic located in as mall parcel of the Middle East, crossing over the Mediterranean border. She sometimes longs for the western winds, coming from Europe, from Paris, but  Ithink that Israel suits her under her feet. Because of the sun, the dust andthe sea and desert surroundings. Because of the silence and the connection.Liliane. Liane. Who folds and unfolds.Ties and unties handfuls. Ready to fold and to bounce. Out of time and out of frame.To land whole in the canvas, on paper or in clay. Liliane. Mother and daughter and lover. Liliane. Fully feminine. She eliminates the superfluous,unnecessary, cumbersome, the unfortunate. Always attentive to her tribe, to the point and to the only true emergency: work. Fast. Effective. Enduring.Lascivious. Flexible. Young. Very young and yet she is a thousand years old. Time will only leave a subtle trace. She is so small. Ready to unfold as a dancer with pencils, brushes, painting paste full of colors, soil and water.                                                                                                                                                                     JuliaCHARBITH    Juillet 2015                                                              

La rétrospective du travail de Liliane Danino

 Dans ses dessins, c’est de la vibration d’un trait aussi puissant que léger, sûr,  tendu, sinueux , rapide, débarrassé de l’inutile et  subtilement rehaussé de quelques lavis de couleur ,qu’elle extrait la puissance et la beauté des corps de danseurs saisies dans la tension d’un saut, d’un repli, d’un élan, d’une prière ou d’une tendre arabesque.
 Dans ses grands tableaux abstraits, c’est dans  l’épaisseur généreuse et silencieuse de la matière, dans  la richesse infinie de pigments patiemment broyés, posés, superposés, tendus ou jetés dans un geste libre et pensé, qu’elle nous entraine dans des voyages sans fin  dans l’intimité primitive de paysages sans âge
.Dans ses sculptures, c’est l’agilité de ses doigts qui imprime dans la glaisel’essentiel pour ne retenir que l’émotion dégagée par un corps isolé et concentré
. Dans ses grands portraits enfin, des visages de femmes, protégés par d’émouvantes coiffes de tissus collés et pigmentés nous interrogent silencieuses et solitaires à travers leurs grands yeux humides et attentifs.Liliane Danino, à travers cette rétrospective, nous entraine à l’intérieur de la matière comme cicatrice. 
Sa puissance, sa violence, sa tendresse, sa mémoire, son silence, son sourire aussi. 
Julia Charbith pour maLili.
Paris, decembre 2016

The retrospective of the work of Liliane Danino

In her drawings, Liliane is able to represent the beauty and power of her dancer’s bodies captured and seized in a jump, a fold, a momentum, a prayer or a soft arabesque through the vibration of the stroke of her pencil or brush. Her strokes unleash in different rhythms, soft and less soft, powerful,tight and safe, freed from anything useless and always enhanced by some colorwash
.Danino is able to make us travel endlessly through the intimacy of ageless landscapes in her large abstract paintings, with the silent and generous thickness of the material she uses, the infinite wealth of pigments placed and replaced firmly or thrown into a free gesture and thought.
Through her sculptures we can capture the agility of her fingers that print into the clay the emotion of her isolated and focused body and mind
.Finally, in her larger portraits, women’s faces, protected by heart warming head dresses, composed from glued and pigmented fabric, make us wonder silently through their large moist,sensitive and mindful eyes.Liliane Danino, throughout this retrospective, takes us into the matter as a healing wound. She communicates this through her power and strength, her tenderness, her memory ,her silence and especially her smile. 
 
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